Les exigences nouvelles des entreprises face à l’IA vocale
Lors de All4Customer Paris, l’espace démo de Manifone n’a pas désempli pendant trois jours. Des dizaines d’interactions, des réactions immédiates, des questions qui touchent au fond. M’hamed Tayeb, Lead AI chez Manifone, partage ses observations issues de ses rencontres.

Au-delà des promesses, c’est dans l’expérience réelle que se joue aujourd’hui la crédibilité de l’IA vocale. À l’occasion du salon All4Customer Paris, Manifone a fait le choix d’exposer sa plateforme en conditions proches des usages réels, au sein d’un espace de démonstration intégré à son stand. Un dispositif pensé pour mettre la solution en situation, et observer concrètement la façon dont elle tient l’échange. Pendant trois jours, les visiteurs ont testé la solution en live. Pas de script figé, mais des échanges spontanés, parfois imprévisibles. Une manière d’évaluer, au plus près des usages, ce qui fait réellement la différence.
Premier constat : tout se joue dans les premières secondes. « En lançant un appel en live dès le début de la démo, les visiteurs accrochent immédiatement », observe M’hamed Tayeb Lead AI chez Manifone. La fluidité de l’échange est immédiatement perceptible. Des temps de réponse courts, une capacité à fonctionner dans un environnement bruité, mais aussi à accepter l’interruption et à reprendre naturellement le fil de la conversation. Autant d’éléments qui, ensemble, installent une sensation de naturel.
Une fois l’échange engagé, un autre levier apparaît : la projection. Les visiteurs ne se contentent pas de tester, ils commencent à imaginer. Cas d’usage, scénarios métier, intégrations. La richesse fonctionnelle, l’analyse d’appels, la connectivité aux outils, exploitation des données…alimentent cette dynamique. L’IA vocale n’est plus perçue comme une démonstration technologique, mais comme un outil opérationnel.

Les retours, eux, convergent. Simplicité de prise en main, lisibilité de l’interface, envie de tester plus loin. « Beaucoup voulaient prolonger l’expérience, manipuler eux-mêmes la solution », souligne M’hamed Tayeb. Un signal fort, l’appropriation devient un critère clé d’évaluation.
En parallèle, un sujet s’impose dans les échanges : la maîtrise des données. Les attentes sont claires. Hébergement, gouvernance, souveraineté. « Le besoin d’un environnement maîtrisé, localisé en France, est revenu dans presque toutes les discussions », confirme-t-il. L’IA vocale ne se déploie plus sans garanties fortes sur ces dimensions.
Dans ce contexte, l’ancrage télécom de Manifone joue un rôle déterminant. Historiquement positionnée sur les infrastructures voix, l’entreprise s’appuie sur cette expertise pour adresser l’un des points les plus critiques : la performance en temps réel. « Notre maîtrise de la chaîne vocale, du réseau jusqu’au traitement, nous permet d’atteindre des niveaux de latence très bas, autour de 800 millisecondes », précise M’hamed Tayeb. Une exigence technique qui conditionne directement la qualité perçue de l’échange.
Au-delà des retours immédiats, ces trois jours dessinent une tendance plus profonde. Le marché évolue. « On est passé de la curiosité à une véritable volonté de mise en production », analyse-t-il. Les entreprises ne cherchent plus à tester pour voir, mais à déployer, avec des attentes claires en matière de performance et de fiabilité.
Photo de couverture © Manifone