Après Marine Fontange, l'Arcep se lance à la poursuite des faux conseillers bancaires
Depuis deux ans, ils ont dévalisé plus d'un million de français, grâce à des arnaques téléphoniques. Pour les attraper, policiers et juges spécialisés sont sur la brèche. L'Arcep vient compléter le dispositif en enquêtant chez les opérateurs télécom. Le gendarme des télécoms reproche aux opérateurs de laisser des arnaqueurs ou des démarcheurs masquer leurs appels sous de faux numéros. Grâce au dispositif MAN, on peut normalement désormais identifier* qui se cache derrière un appel, un numéro.
*Combating Spoofed Robocalls With Caller ID authentification
Un million de plaintes en 2025, un butin estimé d'un milliard, en France
L'enjeu est tout sauf neutre : en fin d'année 2026, si les protocoles MAN sont correctement déployés par les opérateurs télécom et que les banques remboursent les clients lésés et qui ont été abusés, il ne devrait plus y avoir de fraudes massives aux faux conseillers bancaires etc.. Il y en a eu plus d'un million en France entre 2024 et 2025, tous les commissariats et gendarmeries de France sont débordés. Des juges et des ministres ont été abusés et se sont fait dérober parfois, comme DSK, Dominique Strauss-Kahn, 8950 euros, sur son compte American Express. Un célèbre juge d'instruction et son épouse ont également été victimes. Les taxis G7 sont même utilisés par les bandits pour aller récupérer, à domicile, les cartes bleues. Lire ici.

Lutte contre les appels frauduleux : l’Arcep ouvre une enquête administrative sur l’origine et les routes des appels impliqués dans les fraudes
Face à la persistance des pratiques d’usurpation de numéros de téléphone et aux signalements de nombreux utilisateurs, l’Arcep ouvre une enquête administrative à l’égard de l’ensemble des opérateurs de communications électroniques attributaires de numéros de téléphone du plan national de numérotation. Cette enquête vise à comprendre l’origine et les modalités d’acheminement des appels dont le numéro a été usurpé et à vérifier le respect des obligations d’authentification des numéros d’appelant prévues par la loi.
Plus de 19 000 signalements d’usurpation d’identité sur la plateforme « J’alerte l’Arcep » en 2025 : une atteinte continue à la confiance des utilisateurs
Les signalements d’usurpation de numéros enregistrés sur la plateforme « J’alerte l’Arcep » ont fortement crû, de 531 en 2023 à plus de 19 000 en 2025, constituant désormais la première cause de signalement adressée à l’Arcep. Les victimes décrivent fréquemment des situations de détresse ou d’incompréhension quand elles reçoivent des appels d’inconnus qui leur reprochent des appels frauduleux ou de démarchages, dont elles ne sont pourtant pas responsables. Dans certains cas, des fraudeurs affichent comme identifiant d’appelant le numéro d’une autorité publique ou d’un établissement financier afin de renforcer la crédibilité de leurs tentatives d’escroquerie.
Vérifier l’application effective des règles d’authentification des numéros par l’ensemble des opérateurs
Plusieurs mesures pour renforcer la protection des utilisateurs contre l’usurpation de numéros ont été prises par les pouvoirs publics :
La loi du 24 juillet 2020 visant à encadrer le démarchage téléphonique et à lutter contre les appels frauduleux a instauré l’obligation pour les opérateurs téléphoniques d’authentifier le numéro d’appelant et de couper les appels dont le numéro n’est pas correctement authentifié. Dans la pratique, ce dispositif, mis en œuvre à travers le mécanisme d’authentification des numéros (MAN), repose sur une chaîne de confiance entre opérateurs, qui se transmettent les informations d’authentification apposées par l’opérateur à l’origine de l’appel. La généralisation progressive de ce mécanisme a débuté en octobre 2024.
20% des appels émis en itinérance pas encore authentifiés.
Pour comprendre ce qui se passe, a changé et n'est pas encore sous contrôle :
Depuis le 1er janvier 2026, les opérateurs français de téléphonie doivent automatiquement afficher « numéro masqué » pour les appels émis depuis l’étranger avec un numéro mobile français n’ayant pas pu être authentifié.
De ce fait, lorsque vous voyez s’afficher « numéro masqué » sur votre téléphone portable, cela signifie
- que la personne qui vous appelle a souhaité masquer son numéro ;
- que le numéro d’appel n’a pas pu être authentifié pour des raisons techniques (sans préjuger de la nature légitime ou non de l’appel).
Cela vous permet donc d’identifier qu’il s’agit potentiellement d’une tentative d’arnaque, et doit susciter votre vigilance.
À noter : les opérateurs de téléphonie disposent de protocoles techniques leur permettant de s’assurer de l’authenticité du numéro d’un abonné « en itinérance » (le dispositif qui permet à un abonné d’utiliser son téléphone lors d'un déplacement dans un pays étranger ou dans une zone nationale non couverte par les infrastructures de son opérateur).
La mise en place de ces protocoles est progressive
Actuellement, plus de 80 % des appels émis par des abonnés français en itinérance sont authentifiés par ces protocoles. Une fois que ces derniers seront totalement déployés, les opérateurs de téléphonie pourront faire la distinction entre les vrais appels d’abonnés en itinérance et les appels frauduleux passés de l’international et qui affichent un numéro mobile usurpé.
Le phone spoofing et les routes télécom internationales au coeur de ces arnaques
Joint par nos soins, le PDG d'un opérateur télécom bien connu explique que les routes internationales sont souvent à l'origine des méfaits : les escrocs opérent comme si l'appel était passé depuis l'international, ce qui rend leur identification complexe mais pas impossible. Mais tous les opérateurs n'ont pas investi dans les dispositifs qui permettent d'être conforme au MAN.
Le 1er janvier 2026 est entrée en vigueur la décision de l’Arcep demandant aux opérateurs de masquer tout numéro mobile français qui n’a pas pu être authentifié lors d’appels provenant de l’étranger.
Toutefois, les signalements recueillis par l’Arcep, par leur volume et leur gravité, témoignent de l’agilité des fraudeurs pour identifier et exploiter des moyens de contournement des dispositions légales sur l’authentification des numéros d’appelant, ainsi que des règles du plan national de numérotation relatives à l’utilisation des numéros.
L’enquête administrative ouverte par l’Arcep aura donc pour objectif d’identifier les opérateurs impliqués dans l’acheminement des appels frauduleux et de vérifier, le cas échéant, le respect des obligations qui leur incombent.
Compte tenu des modalités d’interconnexion des réseaux et de la multiplicité des acteurs susceptibles d’intervenir dans l’acheminement d’un appel, l’enquête est ouverte à l’égard de l’ensemble des opérateurs attributaires de numéros de téléphone du plan national de numérotation.
Récemment, une gendarmerie de la Sarthe a vu son numéro être utilisé pour des campagnes de spoofing, de fraudes téléphoniques. Pour comprendre ce qu'est le MAN, ou dispositif STIR SHAKEN lire ici
Parallèlement, Marine Fontange est la juge d'instruction qui a enquêté et confondu une bande de malfaiteurs parisiens, ayant industrialisé les fraudes aux faux conseillers. Elle apparait dans le livre Les Caméléons.
À propos de l’Arcep
L’Arcep est l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse. Arbitre expert et neutre, au statut d’autorité administrative indépendante, elle est l’architecte et la gardienne des réseaux d’échanges internet, télécoms fixes, mobiles, postaux et de distribution de la presse en France.
