Au Nord-Pinus, à Arles. Réservation impossible sur Booking.com. Télévision en option
Arles a un point en commun avec New-York, le connaissez-vous ? On en a découvert un second, dénommé Colosseo. Escapade à Arles, dans le fief de Maja Hoffmann, de Fragonard, du maire reconduit, Patrick de Carolis.
Comme de nombreuses villes du sud de la France, Arles mérite le détour : les places et les ruelles sont remplies de fantômes d’artistes, de boutiques rénovées, de restaurants où des équipes talentueuses proposent des expériences culinaires plus à la portée de tous que dans la capitale. De librairies engagées et bien achalandées. Avant l’été et les rencontres photographiques qui en font une halte très courue, la perspective de profiter des nouveaux décors de l’Arlatan et du Nord-Pinus ont décidé l’équipe d’En-Contact d’aller séjourner au Nord-Pinus.
Récemment rénové, comme l'Arlatan, un des trois hôtels possédés désormais par la femme d'affaires, le Nord-Pinus est plein de surprises.

Au Nord-Pinus d’Arles, pas celui de Tanger
Sur la place du Forum, l’hôtel est célèbre, notamment parce qu’il a accueilli Jean Cocteau, Pablo Picasso, Christian Lacroix, Louis Jouvet etc.. et plus récemment Duro Olowu, styliste anglo-nigérian à qui le projet de décoration récent a été confiée. On a apprécié l’escalier romanesque, le petit-déjeuner et les livres pointus, à l’accueil, qui seraient issus de la collection particulière de la nouvelle propriétaire du lieu, Maja Hoffmann.
On s’est étonné qu’il n’y ait pas de télévision dans les chambres, et que l’information ne soit présente nulle part sur le site web ou lors de la réservation. Un hôtel quatre étoiles, dans une ville très fréquentée par des étrangers, sans possibilité de suivre… le cours du monde sur le petit écran ? Sur le site d’Atout France, qui indique quelles conditions doit remplir un établissement hôtelier de cette gamme hôtelière, il est indiqué que l’équipement des chambres avec un téléviseur n’est pas impératif. Mais ce n'est pas très clair. La direction de la communication du groupe indique que ce choix a été guidé par le désir d'offrir “une véritable parenthèse à nos hôtes”
Se passer de Booking.com
Booking.com également ne semble pas en odeur de sainteté ou nécessaire aux équipes des Maisons d’Arles, qui gèrent sur place trois établissements. Le Nord-Pinus n’y est pas réservable, pour l’instant, peut-on lire en lettres rouges sur le site bien connu, pas plus que l’Arlatan. Conserver les 15 à 17% de commission que prélève la plateforme, un choix courageux et rare parmi les hôteliers français.

Pizza mémorable chez Colosseo
À midi, on a désiré profiter du restaurant et de la table d’Antonio Altamura, qui a déjà très bonne réputation. Mais le restaurant n’est pour l’instant pas encore ouvert pour déjeûner. On a donc découvert à proximité :
- une pizzeria fantastique, ouverte et animée par Anna Fomicheva et Mehdi Chidekh. Les deux proposent des pinsas, des pizzas romaines montées sur des pâtes archi-légères et croustillantes, conçues à partir d’un mélange de farines de soja et de riz et de blé. Wouhaou !
- et l'excellent restaurant de l'Arlatan, lors de la seconde journée de notre halte.
À Arles coule le Rhône
Arles est la plus grande commune de France de par sa superficie, qui atteint 758,9 Km 2, sept fois plus que Paris et presque autant que New-York. Dans le nord de la ville, une maison d'arrêt, construite en 1991, rénovée récemment, est également célèbre pour avoir accueilli Yvan Colonna et Jean-Marc Rouillan, notamment.
À NYC, la pizzeria Roberta est devenue célèbre à Brooklyn et figure dans de nombreux guides indépendants. Pizzas gouteuses, prison, superficie, maire célèbre ayant fait carrière dans les médias, les deux grandes communes ont bien des choses en commun.

L'histoire du Nord-Pinus, ex-Grand Hôtel du Nord
Plusieurs propriétaires ont écrit l'histoire de l'établissement, dont plusieurs femmes: Germaine Bessières, Anne Igou et désormais Maja Hoffmann.
(..) Avant d’être le rendez vous arlésien des locomotives du cinéma, de la corrida, de l’art, de l’opéra, de la littérature ou de la foire aux vanités le fameux hôtel Nord-Pinus d’Arles fut un relais de diligences planté au cœur de la ville, Place du Forum ex Place des Hommes. Les hommes ? Les « rafis », les ouvriers agricoles qui venaient s’y louer à la journée. Les propriétaires de Camargue ou de Crau descendaient au Grand Hôtel du Nord pour les embaucher. Et ce nom alors de Pinus qui intrigue tant ? Pas de mystère, pas d’embrouille pseudo latinisante. C’est tout bête. En 1865 Monsieur Pinus, un suisse venu de Genève acquiert l’hôtel et lui accole son nom : Grand Hôtel Nord-Pinus. Sa clientèle ? Beaucoup de commis-voyageurs venus souvent de la capitale à qui on sert donc, contre la gastronomie locale, une cuisine septentrionale : elle est au beurre. Les arlésiens la boude. Sa célébrité, l’hôtel y accède à la fin des années 40 grâce à un couple de saltimbanques : Germaine et Jean Bessières dit Nelo. Germaine est fille de l’Assistance. Elle a fait une carrière de trapéziste et de chanteuse de cabarets. Elle est copine de Piaf, de Fernandel, de Maurice Chevalier. Jean est fils d’un colonel nîmois mais Nelo, son nom d’artiste, est fils du cirque. Il est clown ou chante l’opérette sur un petit vélo déguisé en écossais chez Médrano. Ils ont pris leur retraite à Arles où ils ont racheté l’hôtel (..)
Lire la suite du texte de Jacques Durand sur le blog Nyctalopes et Furtifs.