Au 45 rue de Boulainvilliers, réouverture imminente de la boulangerie Chez Edwige
Elle sera ouverte le 21 avril, et le 1er mai, après avoir été fermée, début avril, par la Direction de la protection des populations, qui lui reprochait des conditions d’hygiène et de salubrité non conformes avec l’exploitation d’une boulangerie-pâtisserie.

Dans la rue passante qui descend vers la Maison de la Radio et passe devant la station RER rue de Boulainvilliers, on aperçoit souvent une queue de clients s’allonger. Chez Edwige, la boulangerie, pratique des prix modérés et est ouverte 7/7. On ne sait pas trop quelle est l'enseigne du commerce, référencé sur Google avec une appellation différente: la tradition de Boulainvilliers. Le numéro de téléphone indiqué n'est pas non plus le bon : on n'est jamais parvenu à modifier celui qui apparait indique une responsable rencontrée.
Alors, ce vendredi 9 avril, c’est la surprise quand un rideau marron cache les vitrines et l’intérieur de la boulangerie. Sur la vitre, le lendemain, trois pages de texte administratif expliquent les raisons de la fermeture.
« EN TRAVAUX»
« Considérant le contrôle réalisé le 09/04/2026 par M. Cavalier […] Vu le rapport n°26-043964 de la direction départementale de la protection des populations de Paris du 09/04/2026 énumérant les anomalies constatées lors du contrôle et joint au présent arrêté : Que les denrées alimentaires sont manipulées dans des locaux mal aménagés, malaisés à nettoyer et à désinfecter, dont les revêtements sont souillés et comportant une source d’insalubrité […] »
Un locataire-gérant a-t-il intérêt à réaliser des travaux dans le commerce qu'il loue ?
Edwige Krawczyk Wala, la gérante, jointe par nos soins, est donc heureuse de ré-ouvrir demain, après s’être acquittée de travaux de peinture et de remise aux normes. Effectués en dix jours. La jeune dirigeante, qui exploite une autre boulangerie dans Paris, dans le 15ème arrondissement, reconnaît qu'elle a peut-être commis une double erreur : la première est d'avoir loué une boutique dont l'état sanitaire et les installations méritaient un lifting. La seconde serait liée à sa cheffe pâtissière, pas assez rigoureuse sur la propreté du matériel utilisé selon elle. « Quand on est locataire gérant, c’est compliqué d’investir dans des travaux alors qu'on est là que pour une durée limitée. » explique la patronne. Et compte tenu de la valeur d'un fonds de commerce, de la rentabilité moindre de l'activité, la location gérance est une porte d'entrée largement utilisée par les candidats patron, comme on le constate sur la page Facebook consacrée à l'achat de tels commerces.
Les murs de la boulangerie appartiennent en effet à Christophe et Sebastien Colne, qui ont confié ce commerce en location gérance à divers artisans, depuis des années. Un ex-locataire gérant de cette boulangerie n’est pas étonné de cette fermeture : « les propriétaires n’ont jamais voulu rénover l’atelier et les parties techniques».
Les conditions sanitaires, l'épée de Damoclès
Une autre très célèbre boulangerie, Poilâne, a fait les frais d'une fermeture administrative similaire, celle de sa manufacture située en Essonne en juin 2025. Elle est depuis en redressement judiciaire.
Qui a l'autorité pour fermer un établissement comme une boulangerie ?
- Pour l'hygiène et la sécurité alimentaire, c'est la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP), qui dépend du préfet.
- Pour la sécurité des bâtiments (risque d'effondrement, incendie), il s'agit de la mairie ou la préfecture.
- Pour des raisons fiscales ou sociales (travail non déclaré, fraude), il s'agit de l'URSSAF ou la DGCCRF qui peuvent demander une fermeture administrative.
- Pour des raisons sanitaires graves (intoxications alimentaires), c'est le préfet qui signe l'arrêté de fermeture, sur rapport de la DDPP.
Dix jours de fermeture seulement. L'équipe en place a mis les bouchées double. Comment se remet-on de la réputation que peut endommager un tel motif d'interruption d'activité ? Les boulangers sont résilients. Et Jadwiga (le véritable prénom d'Edwige) a compris la leçon. « Vous savez, il y a des dizaines d'enfants et de clients qui achètent chez nous leur pain, leur goûter ou repas de midi », indique Nouria, la vendeuse. « Il n'y a jamais eu quiconque de malade. » Il est 6H30, alors que Sissoko monte du fournil les premières baguettes tradition, les travailleurs matinaux poussent la porte. 1,30 euro la tradition et des horaires d'ouverture matinaux, un cocktail qui séduit, susceptible de faire oublier la péripétie.
La rédaction d'En-Contact.