1991, Serge Metz, Motorola et la G7 révolutionnent la distribution des courses de taxis
En 1985, le central radio de la G7 est un call-center unique en son genre. En 1991, grâce au système STAR 7 de Motorola, la compagnie attribue les courses en fonction du positionnement des taxis.
Dans un livre passionnant, passé un peu inaperçu, Une course à travers les siècles de Nicolas Rousselet (Débats Publics Editions), un ouvrage rédigé avec la collaboration d'Arnaud Berthonnet, découvrez l’histoire de la G7, la compagnie qui a révolutionné la mobilité urbaine et a notamment employé des milliers de Russes blancs, comme chauffeurs. Dans les années 20, il y a en effet plus de 22 000 chauffeurs de taxis à Paris.
Courts extraits d'Une course à travers les siècles de Nicolas Rousselet (Débats Publics Editions)
Pages 54-55

« (…) Le deuxième axe concerne le central radio du taxi parisien, dont G7 Radio est devenu l'un des deux principaux acteurs au début des années 1980. L’informatisation de la prise d'appel des courses est décidée en 1985, et les ingénieurs commencent à mettre au point un système électronique dans leurs bureaux improvisés en laboratoire, au septième étage de l’immeuble de Clichy. Lorsqu'il prend ses fonctions, Serge Metz a pour objectif de donner au central une réputation de qualité en mettant en place des prestations adaptées aux différentes clientèles et en sélectionnant très rigoureusement les chauffeurs affiliés afin d'obtenir une qualité de service exemplaire. La proximité avec les chauffeurs fait partie de l'ADN du groupe ; cette intelligence collective à l'œuvre explique les succès lors des épreuves traversées.
L'évolution progressive du chiffre d'affaires et l'amélioration des résultats s'expliquent non par l'augmentation du nombre des abonnements, mais aussi par le dynamisme des innovations techniques qui jalonnent le début des années 1990. La politique de modernisation et d'investissements constants conduit le groupe à transformer en profondeur le fonctionnement du métier de radio-taxi parisien. En 1989, la SNGT (Société nouvelle groupement taxi) signe un contrat d'équipement de 43 millions de francs avec la société MDI (rachetée par Motorola la même année) pour doter la flotte d'un système de transmission de données informatiques.
Les terminaux STAR 7 (Système de transmission et d’affectation la G7) équipent progressivement la flotte à partir de 1991, faisant de la SNGT l’un des tout premiers opérateurs de transmissions de données en France. Le logiciel gère la transmission de données haut débit et permet l’attribution automatique des courses en fonction du positionnement des taxis dans la ville. Le système tient compte également des spécificités de la course demandées par le client : taxi non-fumeur, quatre personnes, niveau de priorité, etc.
Désormais, le travail à l'intérieur du taxi devient silencieux et la compétition pour l’attribution des courses n’existe plus. Avec cet outil, le métier de taxi entre dans l’ère de l'informatique, révolutionnant en quelques mois le taxi parisien et la gestion de la flotte de mille-huit-cents taxis affiliés à la G7 ; c'est l'égalité de traitement parfait entre tous les chauffeurs. Cet investissement représentait presque une année de chiffre d’affaires. La prise de risque a été significative ; elle était néanmoins une étape incontournable pour permettre à l’entreprise de gérer toujours plus de clients et toujours plus de chauffeurs avec une très bonne qualité de service. »
Ici un autre extrait consacré au recrutement des « Russes Blancs » dans les années 30 comme chauffeurs de taxis.