Il était une fois dans l'Ouest...
Une équipe très jeune, un tournage en Centre-Bretagne loin des clichés côtiers, et une histoire d'entrepreneuriat de survie plutôt que d'incubateur parisien. En-Contact recommande ce film porté par des réalisateurs et un producteur talentueux.
Extraits du dossier de presse :
Entretien avec Armand Foëx et Clément Devilliers, réalisateurs d'Un grand raccourci.
L’entrepreneuriat est souvent associé à un imaginaire urbain ou parisien. Pourquoi avoir choisi de filmer des jeunes qui entreprennent en milieu rural ?
Dans le film, tous ne sont pas des « entrepreneurs » au sens classique, mais tous sont confrontés à un principe de réalité bien plus brut que celui des jeunes Parisiens en incubateur. Ici, il ne s’agit pas de réaliser un rêve abstrait ou de devenir une « licorne », c’est une stratégie de survie.
On voulait montrer cette jeunesse qui doit se créer ses propres opportunités là où elles ne sont pas évidentes. Pour nos personnages, entreprendre, c’est bricoler avec le réel, c’est transformer un problème (comme une invasion de rats) en business pour s’en sortir. Il y a une forme de dignité et de créativité très forte dans cette débrouillardise rurale. C’est un entrepreneuriat de terrain, très concret, où chaque décision a une conséquence immédiate sur la vie des gens autour de soi.
Pourquoi ce coin-là de la Bretagne ? Vous avez choisi de tourner en Centre-Bretagne, loin de la mer et des clichés de cartes postales.
On connaît bien la Bretagne tous les deux, on y passe nos étés depuis toujours et nos familles y sont ancrées. Mais pour ce film, on avait envie de montrer une Bretagne rurale, loin des littoraux, celle qu’on voit peu au cinéma car elle n’est pas transformée par le tourisme. On a trouvé notre bonheur à Gouarec, Rostrenen et Glomel. C’est le « cœur » de la Bretagne, à équidistance des côtes Nord et Sud.
L’accueil des mairies a été incroyable. Ils nous ont ouvert des portes monumentales : décors gratuits, véhicules, hébergements… On a senti une vraie résonance entre nos personnages, ces jeunes entrepreneurs qui bricolent leur avenir, et ces maires qui se battent avec une énergie folle pour l’attractivité de leur territoire. Il y avait une sorte d’engouement mutuel : on arrivait avec un projet audacieux, et ils ont tout de suite mis en place des solutions concrètes pour nous accueillir. Ce film est aussi le fruit de cette rencontre territoriale.

À l’instar de vos personnages, vous avez vous-mêmes pris un « grand raccourci » avec ce film. Que signifie ce titre pour vous ?
Ce titre nous ressemble beaucoup. « Un grand raccourci », on peut l’entendre de deux façons. C’est d’abord l’idée d’une trajectoire fulgurante, d’un chemin plus efficace pour atteindre son but, ce qui fait écho à notre manière de produire ce film, hors des circuits classiques. Mais c’est aussi, de manière plus ironique, ce raccourci qui finit par nous faire faire d’énormes détours. C’est une manière amusante qu’a la réalité de nous rappeler que les choses sont souvent plus complexes et plus longues qu’elles n’y paraissent. On pense gagner du temps, on pense avoir trouvé la faille, et on se retrouve embarqués dans une aventure humaine qu’on n’avait pas prévue. C’est exactement ce qui arrive à nos personnages : leur magouille est un raccourci qui les force finalement à se confronter à eux-mêmes.
Entretien avec Hector Belgodère-Soriale, producteur.
Vous vous êtes lancé à 21 ans sans aucune expérience dans la production de ce long-métrage. Comment fait-on pour être producteur aussi jeune ?
Quand Armand Foëx et Clément Devilliers m’ont proposé de produire leur long-métrage, je n’avais aucune idée de ce qu’était un producteur de cinéma. Je n’y connaissais rien, donc j’ai dit oui. J’étais animé par une envie d’entreprendre, de créer, et j’avais été touché par leur court-métrage Nos cabanes.
Comprendre les mécanismes de la production d’un film n’a pas été aisé. Heureusement, j’ai été accompagné à chaque instant par les deux réalisateurs, et par de nombreux professionnels qui ont apporté leurs conseils et leurs expériences. J’ai été frappé par la générosité qu’ils ont tous déployée. Je ne peux que les remercier.
L’équipe technique et artistique, qui avait plus d’expérience que son propre producteur, s’est montrée très compréhensive et a aussi été d’une grande aide.

Un grand raccourci est une histoire de rencontre entre quatre jeunes débrouillards. N’est-ce pas aussi l’histoire de votre rencontre avec les deux réalisateurs ?
J’aimerais qu’on se souvienne de ce film comme une ode aux rencontres qui changent la vie. Je crois que le film porte en partie ce propos, et l’histoire de sa création encore plus. Une rencontre qui concerne aussi les techniciens, les acteurs, les partenaires, et enfin et surtout, le public. Une rencontre au service de ce qu’il y a de plus beau : une histoire humaine, une œuvre d’Art.
Photo de couverture, © UFO Distributions