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« Master Poulet n’est pas un Robin des Bois des fast-foods. »

Publié le 11 mai 2026 à 10:00 par Magazine En-Contact
« Master Poulet n’est pas un Robin des Bois des fast-foods. »

Au 156 rue Oberkampf à Paris, où une enseigne Master Poulet est installée depuis des années, de nombreux propriétaires et locataires ont perdu le sommeil ou souffrent des odeurs. L’enseigne a été condamnée à installer une gaine d’évacuation mais a fait appel. Chouaib Benbakir a plusieurs talents, celui de « sourcer » du poulet halal à bon prix en Pologne et en Espagne. Celui également de s’entourer de bons communicants et juristes en capacité de faire durer des procédures : Nabil Bahar et Me Sefen Guez Guez.

Restauration et conduit d'extraction
Gaine d'évacuation © DR

Master Poulet : « La vraie question est du côté de celles et ceux qui en partagent les murs, et, au-delà, de la place faite au fast-food dans nos villes »

Dans une tribune publiée dans « Le Monde » le 9 mai, un collectif de locataires et de copropriétaires parisiens du 156 rue Oberkampf témoigne des nombreuses nuisances qu’engendre au quotidien la présence d’une échoppe de l’enseigne sous leurs fenêtres. Et déplore la disparition des commerces de proximité qui va de pair avec la multiplication des fast-foods.

La polémique déclenchée par l’arrivée de Master Poulet à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) oppose deux récits caricaturaux : pour La France insoumise, l’opposition du maire relève d’une politique de gentrification ; pour l’extrême droite, cette installation est un marqueur communautaire, parce que le poulet y est halal.

« Nous, habitants du 156 rue Oberkampf, à Paris, vivons depuis plusieurs années avec un Master Poulet sous nos fenêtres. Nous affirmons que la vraie question est ailleurs : du côté de celles et ceux qui en partagent les murs, et, au-delà, de la place faite au fast-food dans nos villes. Tordons d’abord le cou au récit du moment : non, Master Poulet n’est pas une sorte de Robin des bois des fast-foods, défenseur du peuple. C’est un opérateur qui prospère sur la précarité. Un “marchand de sommeil” de la bouffe.

Au 156 rue Oberkampf, les petits logements sur rue, situés juste au-dessus du restaurant, sont occupés par des habitants qui vivent jour et nuit avec l’odeur entêtante de plusieurs centaines de kilos de poulet grillé quotidiennement, odeur qui s’engouffre chez eux, faute d’extraction conforme. Pas une rôtisserie de marché, mais une cuisson industrielle continue, qui imprègne murs et vêtements.

Au premier étage, Mehdi [les prénoms ont été modifiés], aide-boulanger, partage ses 10 mètres carrés avec ces relents permanents et, en prime, le ronronnement incessant de la chambre froide juste sous ses pieds. Sans parler de la chaleur insoutenable des fours en été.

Sophie, sage-femme, peine à récupérer de ses gardes dans son 20 mètres carrés attenant au studio que le restaurant a transformé illégalement en lieu de stockage, où vont et viennent les employés. Au deuxième étage, Hélène ne peut plus louer son seul bien : la graisse qui s’est infiltrée par les cheminées intérieures, non hermétiques, a rendu son petit deux-pièces inhabitable. »
 

Si les faits rapportés sont avérés, l'avocat complémentaire avec lequel Chouaib Benbakir devrait prendre rendez-vous, c'est Gouache Avocats!

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